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Des agents de sécurité armés et en civil !


Publié le 7 avr. 2016 10:03:00

 

Pour renforcer la sécurité sur son réseau, la SNCF veut armer ses agents de sûreté. On ne parle pas des agents en uniforme. Mais de ceux en civil !

C'est ça la nouveauté. Dans le prochain numéro de PSM, vous pourrez constater que la majeure partie des directeurs sécurité/sûreté des entreprises françaises ont bien du mal à justifier leurs budgets dédiés à la sécurité. A contrario, les DS du secteur public ne connaissent pas ces affres. Et pour cause… Ils travaillent dans des secteurs normés, réglementés… Entre qualité de service et qualité perçue, c'est la seconde qui compte… A tel point que si des entreprises françaises, d'importance vitale pour l'économie du pays, ont du mal à dégager les budgets nécessaires à la sécurisation de leur activité, d'autres ne semblent pas avoir ces problèmes… Ainsi, la SNCF confirme vouloir désormais armer ses agents. Guillaume Pépy, le patron la SNCF, a affirmé que ses « propres agents de la sûreté vont désormais avoir le droit, grâce à la nouvelle loi Savary, de patrouiller armés et en civil dans les trains. En anglais, ce sont les train marshals. En français, ce sont les patrouilleurs en civil armés »… Ne vous trompez pas. Ce n'est pas l'armement qui est en cause. C'est le terme « civil »... En effet, SNCF et RATP ont, depuis plusieurs années, à leur disposition des équipes dédiées à la sécurité. Pas des officiers de police mais des agents qui dépendent du ministère de l’Intérieur. Leur mission : patrouiller dans les rames, sur les quais, pour assurer la sécurité des usagers et des contrôleurs. A la Surveillance générale (SUGE) de la SNCF, ils sont environ 3.000 (1.000 en Ile-de-France). Et au sein de la RATP, le Groupe de protection et de sécurisation des réseaux (GPSR) emploie environ 1.000 agents. Par contre, les autres régies de transport en commun, en région, ne peuvent pas disposer d’agents armés.

Autre question concernant les investissements en solutions de sécurité. Il ne semble pas, ainsi, que la vidéosurveillance ou vidéoprotection soit à la portée de tous… Si les villes devant accueillir des matches du prochain Euro 2016 ont pu monter en puissance, beaucoup d'autres n'en n'ont pas toujours eu les moyens. D'autant plus que le FIPD a encore réduit ses moyens financiers mis à la disposition des communes souhaitant s'équiper.

En matière de sécurité, nous avons un peu l'impression que certains peuvent faire tout et tenter n'importe quoi (rappelez-vous le déploiement des portiques de détection de métaux et autres sur certains quais de la SNCF avec le succès et l'efficacité qu'on connaît...), alors que les autres, en l'occurrence le privé, doivent faire avec les contraintes économiques de secteurs, parfois en difficulté…

Vous pourriez rétorquer que l’État a toute légitimité pour prendre et mettre en place les mesures – techniques ou autres – qui s'imposent actuellement. Certes. Mais est-ce que des mesures cosmétiques (inefficaces et non-viables...), donc destinées à rassurer nos concitoyens, doivent nécessairement cacher le fait qu'une partie, non négligeable, des entreprises nationales et internationales françaises, n'ont pas pris la mesure de la menace qui pèse sur elles. Ou, n'en n'ont, tout simplement, pas les moyens...

 

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