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Sécurité électronique

En acquérant Tyco, Johnson Controls cherche à se diversifier


Publié le 27 janv. 2016 00:04:00

 

La rumeur courrait depuis 24 heures. C'est désormais officiel. L'équipementier automobile Johson Controls, dont la valeur est estimée à 23 milliards de dollars à Wall Street, a racheté Tyco, géant mondial de la protection incendie et de la sécurité industrielle.  

Cette acquisition est de loin la plus importante de toute l'histoire de Johnson Controls puisque la valeur de Tyco avoisinerait les 13 milliards de dollars. Dans un communiqué, Johnson Controls explique que les « Les actionnaires de Johnson Controls vont détenir 56% du capital de la nouvelle entité et recevront en plus 3,9 milliards de dollars en numéraire, tandis que ceux de Tyco détiendraient 44% du nouveau groupe »

Plusieurs raisons ont présidé à cette opération. Tout d'abord le contexte économique que doivent affronter les deux sociétés. En effet, les performances de chacun se son dégradées ces dernières années. Ainsi, Tyco aurait perdu 25 % de sa valeur en un an… De son côté, Johnson Controls qui fabrique des pièces pour l'automobile, des batteries et des équipements d'air conditionné, souhaitait se diversifier et explorer de nouveaux marchés face à un secteur automobile aux marges dégradées. L'acquisition de Tyco correspond donc à cette stratégie de diversification, affirme Alex Molinari, président de Johnson Controls. Des experts financiers confirment la validité de cette opération conforme à la stratégie de Johnson Control, qui, d'un statut d'équipementier, veut passer à celui d'un leader multi-industries. 

Alex Molinari qui prendra le poste de PDG du nouvel ensemble baptisé Johnson Controls Plc, affirmait aussi clairement vouloir sortir du groupe la division Automobile, pas assez rentable, pour qu'elle se retrouve bientôt en bourse sous le nom d'Adient. Cette opération aurait aussi pour intérêt de procurer à Johnson Controls les moyens de financer l'acquisition de Tyco. D'ailleurs, cette opération n'est que le énième épisode de la récente histoire du conglomérat qui, a une époque, pesait 40 milliards de dollars. En 2011, Tyco s'était ainsi séparé de ses actifs dans la robinetterie industrielle et la sécurité résidentielle. Déjà à l'époque des rumeurs quant au rachat de Tyco, avaient circulé. On citait quelques noms d'acquéreurs. Comme Honeywell, Schneider, Siemens et même Johnson Controls… Rappelons aussi que Tyco a été divisé en trois sociétés après l'arrivée à la direction générale du spécialiste en redressement des entreprises Edward Breen, qui a succédé à Dennis Kozlowski, condamné par la justice en 2005 pour vol qualifié et fraude boursière. Sous la tutelle de Breen, Tyco s'est séparé de son segment électronique et santé en 2007, tout en développement son pôle sécurité avec l'acquisition de Broadview Security en 2010.

Enfin, il faut tout de même le souligner car l'argent est le nerf de la guerre. Cette acquisition à aussi un autre intérêt : elle va permettre à Johnson Controls de se relocaliser en Irlande à Cork, où Tyco International a son siège et où l’impôt sur les bénéfices (12,5 %) est presque trois fois plus faible qu’aux Etats-Unis (35 % au seul échelon fédéral). Cela permettrait à Johnson Controls d'économiser 150 millions de dollars de taxes par an… Par ailleurs, les deux sociétés évaluent à 500 millions de dollars au moins les économies résultant de la transaction durant les trois premières années.

 

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