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Sécurité privée 14 mai 2024 16:55:22

Alerte sur les JO !

A moins de cent jours de l’ouverture des JO de Paris, le GES, la FFSP et l’Ufacs, dans un communiqué commun, s’inquiètent d’un « déficit capacitaire » d’agents de sécurité que lesdites organisations professionnelles jugent « encore trop important ».

En effet, alors qu’au Cojop, son président a déclaré, à l’Assemblée nationale, que « 97% des besoins » en sécurité privée étaient « sécurisés », tandis que France Travail déclarait, de son côté, que 18 000 agents de sécurité sur la période 2023/2024 auraient déjà été formés en vue des JO de Paris 2024, le GES, la FFSP et l’Ufacs modèrent clairement cet optimisme. Les signataires du communiqué, rappellent, d’abord, que « les 97% des besoins en sécurité privée, dits ‘’sécurisés’’ par le Cojop, correspondent en réalité au nombre de marchés passés par Paris 2024, et non pas à un taux de recrutement d’agents. Par ailleurs, sur les trente lots présentés en 4ème vague par le COJOP, seulement six auraient été attribués via les marchés publics. »

Par ailleurs, si le COJOP estime ses besoins à 17 000-18 000 postes en moyenne journalière, avec des pics pouvant atteindre 22 000 postes, les organisations professionnelles tiennent à souligner « que seul un travail de transformation des probabilités de postes en effectifs réels permettra d’évaluer objectivement le manque prévisionnel. »
Le GES, la FFSP et l’Ufacs soulignent aussi que :   

  • Le Cojop indique également que 10 000 personnes seraient déjà identifiées pour travailler lors des JOP. Or, « il ne s’agit là que de personnes présumées disponibles, et en aucun cas de recrutements véritables. »

  • France Travail IDF rapporte que 18 000 personnes auraient déjà été formées en vue des JOP : il s’agit là du plan régional IDF de formation en sécurité incluant diverses formations, y compris des stages de recyclage. Ces personnes formées comblent naturellement le renouvellement classique des effectifs de notre profession (départs en retraite, etc.). Actuellement, la sécurité privée compte 180 000 agents et recrute en moyenne 22 000 personnes par an. « Ainsi, aucun ‘’effet JOP’’ ne peut se déduire directement de ce chiffre », explique le communiqué.   

Un manque de 8 000 agents journaliers

Depuis mi-2023, une augmentation des entrées dans le secteur s’observe et se poursuit en 2024. Ce qui démontre « une attractivité certaine, et nous nous en réjouissons. Nous dénombrons 30 % de personnes en plus entrant dans le secteur par rapport aux années précédentes, soit 700 personnes de plus par mois. » Par ailleurs, la formation spécifique (106 heures) destinée notamment aux JOP a permis, à date, de diplômer 2 400 personnes, principalement des étudiants et pour 36 % des femmes. Mais, souligne le communiqué, « atteindre une cible de 5 000 personnes nécessite de passer à 800 personnes formées par mois jusqu’à l’été, contre 300 environ actuellement. »

Considérant ces chiffres, le GES, la FFSP et l’Ufacs estiment « qu’il manque 8.000 agents journaliers, à date, pour les JOP. Même si les tendances précédentes sont bonnes, elles ne sont malheureusement pas encore suffisantes. » D’autant plus que s’ajoute à tout cela « des demandes de renforts sur les sites non-olympiques (transport, commerce, hôtellerie, etc.), qui ne sont pas prises en compte et qui ne sont pas comptées, à ce stade, dans les chiffres communiqués par Paris 2024. Ces demandes de renforts, qui arrivent actuellement, vont accroître la tension sur les effectifs. »

Comment franchir l’obstacle ?

Pour résoudre ces problèmes et « franchir l’obstacle », les signataires préconisent d’agir sur quatre leviers :

  • Préciser les besoins réels de la part de Paris 2024 ;

  • Déployer une communication nationale via tous les canaux sur les viviers encore possibles : étudiants, retraités intéressés, demandeurs d’emploi, bénévoles non retenus, etc. ;

  • Amplifier considérablement la tendance en entrées en formation sur les 3 trois prochains mois ;

  • Piloter, pour Paris 2024, les déclarations de recrutements (qui vont monter en puissance progressivement) ;

Par ailleurs, il convient de rappeler que chaque force (armées, police, gendarmerie, sécurité privée) qui contribue collectivement à la sécurité s’inscrit dans un « continuum de sécurité » où chacun est mobilisé en tenant compte de son périmètre de compétence. Même si toutes ces forces coopèrent quotidiennement ensemble, penser qu’elles seraient interchangeables serait une erreur. C’est pourquoi, les professionnels de la sécurité privée invitent dès maintenant, « tous les Françaises et Français en recherche d’emploi ou disponibles sur cette période à saisir l’opportunité de rejoindre, à l’occasion de ces Jeux olympiques et paralympiques, nos métiers. Comme tous nos concitoyens, nous souhaitons que ces Jeux se déroulent dans les meilleures conditions de sécurité possibles et comptons donc sur toutes et tous. » Sans oublier les étudiants qui peuvent se saisir de cette opportunité pour « découvrir un secteur pas assez connu, voir de l’intérieur les Jeux et poursuivre [leurs] études avec la possibilité d’avoir une rémunération d’appoint ensuite. »

Photo d’illustration © Getty Images

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