Espace abonné
Mon panier
 

Actualités

Covid-19. La sécurité dans les CHU


Publié le 1 avr. 2020 11:20:00

 

En pleine épidémie, les hôpitaux sont en première ligne. Et ont dû se préparer à affronter la crise, tout en maintenant un niveau de sécurité idoine. Un exemple : le centre hospitalier universitaire (CHU) de Bordeaux, dont tout le personnel (soignant, administratif, sécurité…) « s’est préparé très tôt à affronter la vague », explique Christophe Rocacher, son responsable Sûreté, membre de l’Agora des Directeurs Sécurité

Le 23 janvier dernier, le CHU de Bordeaux accueillait le premier patient atteint du COVID-19. « Avec ce premier cas français, nous avons été sensibilisés, très rapidement, aux risques et avons tout de suite mis en place des cellules de crise, qui, au cours des mois, ont évolué dans leur forme et leur régularité. Grâce aux différents scenarii posés, l’hôpital a pu correctement se préparer », poursuit Christophe Rocacher. 

Reconfiguration totale de l’hôpital,

Avec ses 400 lits libérés pour accueillir un grand nombre de patients atteints du Coronavirus, l’activité normale a été quelque peu réduite, ces derniers jours. La période est donc propice à une grande et nécessaire préparation. « S’il y a une réduction des activités hospitalières traditionnelles au profit d’une augmentation des capacités d’accueil Covid-19, nous sommes néanmoins toujours en mesure d’accueillir les urgences. En outre, celles-ci ont été reconfigurées, de façon à pouvoir accueillir les patients potentiellement atteints par le Coronavirus, sans contaminer les autres urgences. Cela a nécessité la reconfiguration totale de l’hôpital, pour une gestion optimale de la crise, avec la mise en place du télétravail pour le personnel dont la présence physique, sur le site, n’est pas absolument nécessaire. C’est le cas, par exemple, de certains services administratifs. En outre, on se prépare à faire tourner les effectifs, pour durer, durant cette crise, dont on ne peut prédire le temps qu’elle subsistera », précise le responsable sûreté.

Quant à la question sur une éventuelle sanctuarisation des hôpitaux, a minima de l’hôpital Pellegrin, celui qui génère le plus d’activité au CHU de Bordeaux, Christophe Rocacher répond : « Il est certain que, sur le seul site de Pellegrin, le flux permanent, en temps normal, peut atteindre plus de 10 000 personnes. En tant qu’établissement de santé de référence, on pourrait aller jusqu’au confinement du site, pour limiter ces flux et se concentrer uniquement sur l’accueil des patients. Mais nous n’en sommes pas là. Nous avons pu faire respecter, gentiment, l’interdiction de regroupement de personnes, dans le hall, notamment. En effet, dès le mois de janvier, nous avons dû faire face à la gestion médiatique des premiers patients, de nombreux curieux pénétrant alors dans l’hôpital et se rassemblant. En outre, depuis l’annonce de la mise en place des mesures de confinement, sur le plan national, nous constatons une diminution de visiteurs, accompagnants et badauds habituels, au sein de l’hôpital. » 

Sécurisation de l’ensemble des matériels

Si le CHU de Bordeaux a dû faire face à des disparitions de masques et de gels hydroalcooliques assez tôt, « nous avons rapidement pris certaines dispositions, comme la vérification de la pertinence et de l’effectivité des mesures de sécurisation mises en place », précise Christophe Rocacher, qui n’a pas attendu la crise « pour instaurer des mesures concernant la sécurisation des matériels indispensables au personnel soignant. Nous avons besoin de plus de 15 000 masques par jour, rien que pour le personnel, et nous nous devons sécuriser le stock. » 

Pour améliorer le niveau de sécurisation, le responsable sûreté précise avoir souhaité « aller au-delà d’une simple mise sous clé », en mettant en place des mesures de sûreté, portant à la fois sur la technologie, l’humain et l’organisationnel. « Plutôt que de se limiter à la vérification et à l’augmentation du niveau de sécurisation des gros points de stockage, j’ai souhaité prendre en compte et analyser toute la chaine. Via nos sept sites, nous possédons des gros points de stockage et des points décentralisés, pour arriver jusqu’aux services où se trouvent des réserves. C’est donc toute une chaine logistique qui doit être contrôlée et optimisée. En effet, si on se limitait à contrôler uniquement la sécurisation des gros stocks, on préviendrait uniquement le risque de vols massifs. Or, la majorité des vols sont réalisés au sein de la chaine ; les masques étant peut-être trop aisément en libre-service, pas assez centralisés… »

Sur le plan technologique, Christophe Rocacher explique que les stocks ont été mis sous alarme volumétrique, réactive. Quant à l’aspect humain, si le personnel en charge de la sécurité incendie, a un statut de fonctionnaire, les agents en sûreté émanent d’un prestataire géré par ce responsable sûreté et pour lequel il se déclare satisfait. « Une dizaine d’agents sont présents, en permanence, sur les sites. Ce qui représente une cinquantaine d’agents, au total, puisque nous travaillons en H24. Selon les sites, certains sont uniquement titulaires du CQP Agent de prévention et de sécurité, mais la majorité possède la double compétence aujourd’hui, à la fois d’Agent de service de sécurité incendie et d'assistance à personnes (SSIAP), et d’Agent de prévention et de sécurité, même si 90% de leur activité est liée à la sûreté », ajoute-t-il. 

Quant à la facilitation de circulation de ces agents pour venir travailler, en période de confinement, « tout d’abord, il y a eu une entente avec la préfecture. J’ai également mis en place des mesures, par prévention. En effet, en sus du justificatif de déplacement professionnel remis par l’employeur, dont doit être muni chaque agent, j’ai fait réaliser une autorisation émanant du service sûreté du CHU. Cette attestation confirme que ces personnes travaillent bien à l’hôpital et qu’elles participent, de ce fait, à cette gestion de crise Covid-19, au sein du CHU de Bordeaux. »

 

Partager l'article