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Sécurité privée : 10 sociétés s’unissent pour sortir de la crise


Publié le 24 juil. 2018 15:20:00

 

En attendant la publication du rapport tant attendu des députés Fauvergue et Thourot, des professionnels de la sécurité privée ont décidé de prendre le taureau par les cornes et d’unir leurs efforts et vision du métier pour répondre à la crise que traverse actuellement ce secteur d’activités. Et ont donné naissance au collectif « Urgence Sécurité » dont l’un des objectifs est de « rassembler toutes les entreprises du secteur partageant les mêmes objectifs et ambitions pour la profession à le rejoindre pour amplifier la mobilisation. »

Les dix membres fondateurs - BSL Sécurité , Byblos Group, Fiducial Sécurité, Main Sécurité, Prosegur, Samsic Sécurité, Securitas, Seris Security, Torann France, Triomphe Sécuritésont partis du constat suivant : « Les sociétés de sécurité privée qui emploient plus de 150.000 salariés sont un maillon clé et reconnu de la sécurité de la Nation. Depuis plusieurs années maintenant, elles font face à des exigences nouvelles sous l’effet notamment de la pression terroriste et du renforcement des mesures sécuritaires dans le cadre du continuum entre sécurité publique et sécurité privée souhaité par le ministère de l’Intérieur. Ces obligations nouvelles nécessitent des investissements significatifs. A titre d’exemple, le renouvellement obligatoire des cartes professionnelles, et l’organisation de stages de maintien et d’actualisation des compétences (MAC) ont déjà coûté 30 millions d’euros par an à la profession. »

Des marges en chute libre
Or, parallèlement, les entreprises du secteur ont vu leurs marges s’écrouler quand le secteur présente pourtant une croissance de plus de 2,5 % par an. Et si la sécurité est aujourd’hui un enjeu de société qui doit tous mobiliser tout le monde, il faut bien reconnaître, que les professionnels de la sécurité privée se retrouvent trop souvent « face à des clients qui ont tendance à privilégier uniquement la question du coût et exercent une pression insoutenable sur les prix. Consécutivement nous sommes confrontés à la concurrence de sociétés qui ne respectent ni le code de sécurité intérieure ni les réglementations sociales et fiscales. »

30 millions de surcoût
« Urgence Sécurité » veut donc que les entreprises du secteur prennent conscience de cet état de fait et tire un signal d’alarme car, comme le collectif le souligne, « pour assurer notre mission et répondre aux exigences des clients, pour permettre à notre personnel, agents et encadrants, de monter en compétences – en un mot, pour faire notre travail –, nous avons besoin de moyens dont nous ne disposons plus. Depuis le 1er janvier dernier, la perte de 1 % du CICE est venue encore aggraver la situation en entrainant un nouveau surcoût annuel de plus de 30 millions d’euros. »

> Pour sortir de cette crise, le collectif propose quatre actions :

  • Donner plus de moyens juridiques au Conseil national des Activités privées de Sécurité (CNAPS) pour lutter contre les pratiques de dumping avec des sanctions voire la publication des donneurs d’ordre et prestataires qui adoptent ces types de pratique.
  • Mettre en place réglementairement une caution de garantie financière afin de mettre un terme à la concurrence déloyale de la part d’entreprises qui se créent par effet d’aubaine.
  • Interdire la sous-traitance en cascade, action impossible à ce jour sans modification de la loi.
  • Unifier les deux syndicats représentatifs de la profession.

Dans un communiqué publié le 21 juin, soit trois jours après l’appel lancé par « Urgence Sécurité, le Snes s’est réjoui de sa naissance : « Un an après le cri d’alarme lancé par les présidents des organisations professionnelles du secteur, le Conseil d’administration du SNES se réjouit que ce collectif reprenne à son compte les propositions de garantie financière et d’interdiction de la sous-traitance en cascade portées par le SNES auprès de la Médiation Interentreprises et de la mission parlementaire relative au continuum de sécurité, et pour lesquelles nous espérons des arbitrages d’ici les prochaines semaines. Il en va de même concernant la promotion de démarches de normalisation/labellisation et, bien évidemment, credo du Snes, la mise en œuvre d’une plus grande professionnalisation de nos salariés passant par une meilleure reconnaissance de leurs compétences et associée à des possibilités d’évolutions de carrières plus attractives. Que l’essentiel des propositions des organisations professionnelles converge ou se recoupe est logique : le constat que nous faisons, depuis plusieurs années, est le même. »

 

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