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Covid. Les faiblesses de la filière sécurité


Publié le 23 sept. 2020 16:17:44

 

Pour Maître Sofiane Hakiki, la crise de la Covid-19 va avoir des conséquences qui ne sont malheureusement que le résultat de maux plus profonds… Le Coronavirus n’aura agi que comme un révélateur des faiblesses d’une filière qui a du mal à parler d’une seule voix. Il s’est confié à PSM.

« Dans le secteur de la sécurité privée, le droit social est un sujet majeur car les sociétés constituant la filière ‘’vendent’’ principalement des prestations et des ressources humaines. Avant d’en venir

aux effets de la crise de la Covid-19 sur ce secteur sous tension, il faut rappeler que, d’une manière générale et constante, il a toujours connu des difficultés en matière de gestion de ses ressources. Les prix quasi constamment tirés vers le bas n’aident pas la filière à tirer vers le haut en matière de salaires, de formations, d’évolutions de carrières… Le confinement est donc venu touché, durement pour beaucoup d’entreprises, un secteur et des professions déjà malades.

Les entreprises intermédiaires s’en sortent mieux

Face à la crise, toutes les entreprises n’ont pas réagi de la même manière. D’une part, certaines grosses entreprises du secteur ont eu du mal à rebondir et ont vu leur chiffre d’affaires parfois

chuter brutalement. De moitié pour certaines. Et pour digérer la baisse de leur chiffre d’affaires, ces entreprises ont eu recours au chômage partiel. À l’inverse, les entreprises intermédiaires, patrimoniales, dont le CA se situe entre 10 et 50 millions d’euros, ont fait preuve d’une agilité, d’une souplesse étonnantes pour absorber, dans une certaine mesure, les effets délétères du confinement. Elles ont su s’adapter à la crise pour maintenir leur chiffre d’affaires, voire l’augmenter.

Plusieurs explications à cela. Tout d’abord, elles ont pu profiter de la demande en prestations de sécurité émanant des banques, des laboratoires… Elles ont également fait preuve d’une véritable

volonté de protéger leurs salariés, tout en maintenant, coûte que coûte, des relations étroites avec leurs clients. Certains secteurs sont lourdement touchés par les conséquences du confinement. C’est le cas du secteur de la sécurité aéroportuaire qui a dû, pendant la crise, continuer à verser des primes prévues par la convention collective, alors même que son activité était quasiment au point mort… Ces entreprises ont en partie été asphyxiées par cette crise et nous ne pouvons que redouter d’assister à la disparition de certaines d’entre elles… Et ce malgré les aides de l’État.

Un avenir inquiétant pour certains

Mais le secteur aéroportuaire n’est pas le seul concerné. De nombreuses entreprises de la filière risquent de connaître des moments difficiles quand le chômage partiel va prendre fin et qu’il va leur falloir rembourser les PGE (prêts garantis par l’État)…

Enfin se pose l’épineux problème de la formation. D’une part, les instituts de formation ont été touchés de plein fouet et, d’autre part, le secteur va devoir faire face à un manque d’agents formés, de main-d’oeuvre qualifiée et ce, malgré la prolongation par le Cnaps des habilitations en cours de validité.

Des raisons d’espérer alors ? Peut-être. Cette crise doit aider cette filière à prendre conscience de ses faiblesses, souvent endémiques, pour transformer cette prise de conscience en action collective. Ce qu’elle ne peut pas ou ne sait pas encore faire à cause de susceptibilités d’un autre temps et d’un dialogue social aujourd’hui à l’arrêt… »

 

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