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Covid-19. Métiers de la sécurité électronique : pas tous égaux devant la crise


Publié le 29 avr. 2020 11:13:00

 

« Le monde de la sécurité électronique est divers et n’a pas vécu le confinement de la même manière, explique Luc Jouve, président du GPMSE Installation. Par exemple, dans le cadre d’une enquête réalisée par le GPMSE, les opérateurs en télésurveillance, dans leur majorité, ont continué à se rendre à leur poste, dans la centrale de télésurveillance, pour assurer la continuité des services et prestations opérées par le télésurveilleur. En revanche, l’activité a nettement ralenti pour les installateurs et mainteneurs des systèmes de sécurité électronique. Seules les interventions urgentes ont été généralement maintenues. »

Les contrôles des déplacements se sont généralement bien passés. Par exemple, seuls 20 % des dirigeants de sociétés de télésurveillance, ayant répondu à l’enquête du GPMSE, ont rencontré des difficultés pour se rendre sur leur lieu de travail. A l’inverse, une forte majorité, 70 %, des dirigeants de sociétés d’installation et de maintenance des dispositifs de sécurité électronique ont eu à déplorer des difficultés, concernant le déplacement de leurs collaborateurs, lorsqu’ils doivent intervenir, après signalements de dispositifs défectueux. 

Difficultés d’approvisionnement

« Et lorsqu’il s’agit de livraison de matériel, ils sont encore plus nombreux, puisque 90 % d’entre eux indiquent être très difficilement approvisionnés par les fabricants ou distributeurs, entrainant ainsi de réels enjeux en matière de maintenance, du fait d’une pénurie de pièces ou produits ; ceux-ci étant pourtant indispensables à la sécurisation de sites, souvent totalement fermés, pouvant être à tout moment vandalisés », ajoute Luc Jouve. Avant de poursuivre : « Concernant ce sujet, il est à noter que si les télésurveilleurs ont constaté une baisse des tentatives de vol chez les particuliers, une augmentation de vols est à déplorer dans les commerces. »

Des conséquences sociales lourdes

Au-delà des difficultés constatées sur le terrain, l’enquête du GPMSE révèle les conséquences sociales et économiques liées aux mesures prises par le gouvernement pour lutter contre cette pandémie. Et elles sont lourdes. Ainsi, 100 % des adhérents du GPMSE Installation ont eu recours au chômage partiel ! Et pour 87 % d’entre eux, cette mesure concerne plus de 70 % des salariés. « Les installations étant quasiment à l’arrêt, seules les urgences étant maintenues, les dirigeants n’ont malheureusement pas eu d’autre choix, déplore le président du GPMSE Installation. De ce fait, 55 % d’entre eux estiment que la perte de chiffre d’affaires sera supérieure à 30 %, en 2020. » Triste perspective. D’autant plus que lorsque le déconfinement sera annoncé, l’activité normale ne pourra pas reprendre avant un ou deux mois, le temps que de nouvelles commandes soient signées…

C’est pourquoi, conclut Luc Jouve, « nous sommes très attentifs aux répercussions sociales et économiques que cette crise sanitaire va entrainer, car je rappelle que, pour nombre de nos adhérents, il s’agit de petites et moyennes structures ; leur trésorerie ne leur permettra pas, malheureusement, pour beaucoup d’entre eux, de se rétablir rapidement. Aussi, nous nous réjouissons de l’accord économique européen pour faire face aux conséquences économiques de cette pandémie et de la mise en place d’un fonds de 500 milliards d’euros. Par ailleurs, il est évident que les entreprises ne récupéreront pas l’intégralité du CA perdu. Aussi, nous accueillons avec beaucoup d’intérêt, l’annonce du gouvernement indiquant qu’il envisage l’annulation des charges sociales dans certains cas. »

  • 2 questions à Luc Jouve, président du GPMSE Installation
  • Quel bilan tirez-vous du confinement subi par les Français depuis le 17 mars ?

Pour notre filière, il n’est pas bon. Même si les installateurs, qui ont du chiffre d’affaires récurrent avec des contrats de maintenance, subissent moins cette crise. À l’opposé du spectre, les PME-PMI qui ne vivent que de l’installation sont beaucoup plus touchées. Le confinement a induit un très net recours au chômage partiel. Chômage partiel encore aggravé après l’annonce de la prolongation du confinement, le 13 avril, par le président de la République. Par ailleurs, force est de constater qu’en ce qui concerne les matériels nécessaires à l’exercice de nos métiers nous avons beaucoup de mal à recevoir nos commandes. L’approvisionnement est difficile. Aujourd’hui, certains installateurs peuvent se trouver en rupture. Sans un accompagnement des banques et de l’état, certains ne s’en relèveront pas. En outre, au 20 avril, 80 % des entreprises adhérentes du GPMSE n’avaient pas encore reçu le remboursement du chômage partiel. Tout cela additionné à l’incertitude quant à la fin de la crise, nous ne pouvons pas être totalement optimistes […].

  • Retrouvez l’intégralité de cet article dans le prochain PSM numéro 259 (mai-juin 2020).

© Getty Images

 

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