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Terrorisme

Un "mur de verre" qui ne fait pas l'unanimité...


Publié le 20 juin 2017 15:51:50

 

Depuis l'année dernière, une clôture provisoire entourait le parvis de la Tour Eiffel. Désormais, c'est une paroi de verre qui la protègera. Sous couvert d'anonymat, certains experts ne sont pas convaincus de l'efficacité de ce choix...

Cet automne, une paroi de verre permanente anti-balles de 2,50 m de haut devrait entourer une bonne partie des jardins de la Tour Eiffel. Cette installation a deux buts, un direct et un indirect : rendre impossible l'accès à la tour par le parvis du quai Branly. Les visiteurs devront donc contourner le périmètre de sécurité installé sur le quai et l’avenue Gustave-Eiffel. Il y aura un point d’entrée unique, avec des contrôles de sécurité, au niveau des jardins, entre les piliers, côté jardin. L'autre objectif, outre canaliser les flux de visiteurs, est d'empêcher les terroristes éventuelles de mitrailler la foule, à partir d'un véhicule circulant sur le quai Branly. Rien n'empêchera le terroriste de descendre de sa voiture et d'aller mitrailler côté jardin...

20 millions d'euros

"Nous allons remplacer les grilles métalliques sur les axes nord et sud par des panneaux de verre, qui permettront aux Parisiens et aux visiteurs de retrouver une vue très agréable sur le monument depuis le Champ de Mars et le pont d'Iéna", a expliqué dans un communiqué Jean-François Martins, adjoint au Tourisme de la maire PS de Paris Anne Hidalgo. Des grilles du type de celles traditionnellement utilisées pour les parcs et jardins, seront installées sur les deux autres axes. Coût de l'opération : 20 millions d'euros.

Désormais, et à la demande de la Préfecture de police, l'entrée se fera par les jardins qui encadrent la tour, avec la volonté affirmée "d'aboutir à un véritable parcours paysager, avec des contrôles plus fluides, qui améliorera le confort des visiteurs et simplifiera leur circulation", ajoute dans le communiqué Jean-François Martins. En sécurité car, comme il l'avait déclaré devant la presse lors de la présentation du projet, la "situation du risque terroriste reste élevée à Paris et les sites les plus exposés, au premier rang la tour Eiffel, doivent faire l'objet de mesures de sécurité particulières". Par ailleurs, palpations et fouilles des sacs seront évidemment maintenus.

Fin 2017

Cette nouvelle organisation doit pouvoir empêcher "les intrusions et les projections sur le parvis, d'individus ou de véhicules" et l'accès au parvis restera gratuit. Une fois contrôlé, le visiteur la circulation autour de la tour Eiffel ne changera pas. L'objectif est que les travaux soient mis en oeuvre avant la fin 2017, a dit M. Martins. "Le fait de sécuriser les lieux a tendance à rassurer les touristes. Ce qui les fait fuir, c'est quand les attentats arrivent", affirme-t-il.

Le nouveau dispositif s'inscrit dans le cadre d'un vaste plan de quelque 300 millions d'euros sur quinze ans pour renforcer la sécurité, moderniser l'accueil et améliorer le confort de visite de la célèbre tour.

Des experts pas convaincus...

Lorsqu'on discute avec eux, des experts de la prévention et de la lutte contre le terrorisme ne sont pas convaincus de la pertinence et de l'efficacité du dispositif. "Pour moi, la solution retenue répond mal aux enjeux sécuritaires actuels, nous explique un expert. On est parti du principe suivant : le public était mal protégé et mal accueilli dans le contexte actuel. Cela ne fait pas de doute. Mais que fait-on pour y remédier ? On crée deux points d'entrée et des files d'attente, sur les côtés du site, qui, certes ne seront pas exposés aux tirs éventuels venant du quai Branly mais qui seront malgré tout vulnérables à des attaques à pied. Et, en plus, on met en place une sorte de ''souricière'' dans laquelle se retrouvera pris au piège, entre deux murs pare-balles le public, en panique, en cas de mitraillage. Il faudrait sans doute se rapprocher de solutions avec des zones d'accès plus nombreuses et des dispositifs permettant de couper les angles de tirs, pas seulement depuis la rue. De la sorte, on réduit les files d'attente et on contribue à limiter les vulnérabilités. Il faudrait aussi, en cohérence avec ce type de dispositif, organiser les équipes de contrôles et des patrouilles, dotées des moyens de neutraliser le plus rapidement possible le terroriste, comme cela est le cas aujourd'hui. Les aménagements prévus ne doivent pas remplacer les forces de réaction immédiate présentes qui sont seules sources de limitation des dommages, mais les compléter. Il ne pourra pas y avoir de calcul d'optimisation budgétaire sur ce site".