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Sécurité urbaine. La reconnaissance faciale testée à Nice


Publié le 27 févr. 2019 11:35:16

 

Depuis le 16 février, la reconnaissance faciale est testée, grandeur nature, par la ville de Nice. Concrètement, un agent de la police municipale regarde en direct les images filmées par trois caméras installées sur des mâts, à l’entrée du périmètre de la zone du carnaval. Les ordinateurs du PC sont dotés d’un logiciel israélien, Better Tomorrow, développé par la société AnyVision et distribué par le monégasque Confidentia. Ce logiciel permet de reconnaître les personnes grâce aux caractéristiques de leur visage si, au préalable, la solution dispose d’une photo du sujet. Et même si cette photo est en très basse définition…

Lors d’un premier test, comme le rappelle notre confrère Le Figaro, un agent de la ville, volontaire, a donné une photo de lui vieille de quarante ans. Puis il se présente sur la zone surveillée par les caméras. Une fois entré dans le champ de vision de dernières et détecté par elles, le système alerte le PC qui reçoit un gros plan du visage de l’agent, en regard de la photo fournie par lui, avec le message : «suspect détected».

Pas de confusion avec des jumeaux

Autre test. Sans avertir le PC, la mairie de Nice a donné à Confidentia la photo d’un homme de 19 ans aux cheveux longs. Sans leur dire que deux hommes aux cheveux longs vont passer dans le champ des caméras. Le second étant le jumeau de celui dont le PC a la photo… Pour compliquer le tout, évidemment. Or, quand le double se présente sur la zone, les caméras ne l’identifient pas mais, et c’est là que le logiciel Better Tomorrow étonne tout le monde, il reconnaît l’homme dont il détient la photo-témoin… Ce test a, on l’imagine, impressionné la police municipale de la ville de Nice.

Les tests ne se limiteront pas à ceux-là et vont continuer jusqu’au 2 mars. On sait déjà que le logiciel d’AnyVision est capable d’identifier plusieurs personnes à la fois et compare les images en 0,2 seconde, même lorsqu'il doit piocher dans des bases de données contenant 300 millions d'individus selon AnyVision. Et, selon Confidentia, le logiciel fonctionne quel que soit le sexe, le type ethnique, malgré les lunettes et autres perruques. La force de Better Tomorrow : « Il analyse des points caractéristiques du visage qui restent immuables aux alentours de vingt ans », explique-t-on chez Confidentia au Figaro.

Par ailleurs, confidentia précise que son logiciel utilise les caméras existantes et que le service se loue. On parle d’un millier d’euros par caméra et par an.

Un rapport pour la Cnil

Il est évident que si les tests se révèlent concluant, ce système va intéresser d’autres villes. Mais sous le contrôle de la Cnil qui a donné son autorisation dans le cas de Nice. La ville de Nice doit dans les deux mois un rapport à la Cnil qui permettra de tirer les enseignements de ce test. Le rapport sera transmis « aux parlementaires, au gouvernement et au préfet préfet Renaud Vedel, chargé d'une mission auprès du premier ministre sur les évolutions législatives requises pour permettre l'utilisation des nouvelles technologies », précise Le Figaro. Pour déboucher sur quoi ? Si on veut que ce type de solutions puissent être utilisé dans le futur il faudra sans doute attendre un décret du Conseil d’Etat, voire une loi.

 

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