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Sécurité 

Les Français prêts à déléguer


Publié le 31 oct. 2017 08:41:00

 

La 6ème édition du baromètre Fiducial de la sécurité*, réalisé par Odoxa, montre que les Français sont rassurés par l’État d’urgence. Ils sont aussi favorables aux nouvelles mesures du projet de loi antiterroriste. Mais…
Il y a en effet un mais car ils sont inflexibles sur la responsabilité des forces de l’ordre à assurer leur sécurité dans une période où ces dernières alertent le gouvernement sur leurs conditions de travail et leur plus-value à surveiller certains lieux publics. Pour autant, les Français se montrent ouverts à déléguer certaines missions à des agents de sécurité privée.
Par ailleurs, les Français sont 57 % à se montrer favorables au projet de loi antiterroriste. Si 62 % des Français pensent que le texte aura tendance à détériorer leurs libertés, 85 % déclarent qu’il améliorera leur sécurité.
Dans le détail, les Français sont extrêmement favorables aux mesures testées du projet de loi : périmètres de protection autour des lieux de rassemblement (89 %), élargissement des zones frontalières (87 %), perquisitions initiées par le préfet (80 %). Et fait remarquable, surtout en matière de lutte contre le terrorisme, les trois-quarts des Français parient sur l’efficacité de ces mesures.

Les forces de l’ordre pour leur sécurité dans les lieux publics
Près de huit Français sur dix (79 %) ont conscience que la loi antiterroriste alourdira la charge de travail des forces de l’ordre. Pour autant, l’attachement aux forces régaliennes pour assurer leur sécurité reste fort et en contradiction avec certaines revendications des gendarmes ou policiers. 57 % des Français ne sont pas favorables à ce que la surveillance et les patrouilles dans les lieux publics soient en partie confiées à des agents de sécurité privée.

Agents de sécurité privée armés
Si 81 % des Français sont d’accord pour autoriser les agents de sécurité privée à porter une arme de type matraque ou bombe lacrymogène pour la surveillance des lieux ou des événements culturels et sportifs, ils ne sont que 51 % à vouloir autoriser les agents de sécurité privée à porter une arme de type arme à feu pour protéger des établissements recevant du public ou des sites industriels sensibles.

Forte hausse du sentiment d’insécurité dans les lieux publics
Si le sentiment d’insécurité des Français a connu une légère érosion (- 3 point) entre décembre 2016 et juin 2017, il repart à la hausse (+1 point) pour s’établir à 60 %. Près d’un Français sur deux (47 %) est plutôt confiant en la capacité du gouvernement à assurer leur sécurité en matière de terrorisme. En matière de délinquance, cambriolage et agression, les Français sont plus sévères : 69 % ne font pas confiance au gouvernement (+9 points depuis juin 2017). Le baromètre fait aussi état d’une augmentation sensible du sentiment d’insécurité dans les lieux où sont perpétrés les attentats et agressions contre les militaires de la force Sentinelle : transport, gares et aéroports.
Pour Céline Bracq, cofondatrice et directrice générale de l'Institut d'études Odoxa, « ce baromètre montre très bien que les Français sont conscients que la lutte contre le terrorisme implique pour eux certaines restrictions aux libertés publiques et individuelles. Il nous apprend aussi que les Français pensent que les mesures de la loi antiterroriste seront efficaces. Par ailleurs, il révèle un autre fait notable : l’insécurité est devenue une préoccupation essentielle pour nos concitoyens depuis l’attentat de Charlie Hebdo en janvier 2015. Compte tenu de cette forte préoccupation, les Français ont du mal à imaginer une réduction rapide du dispositif Sentinelle, même s’ils ont bien conscience de la surcharge de travail pour les forces mobilisées. »

* Baromètre Fiducial/Odoxa de la sécurité.